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COP21: La folie, selon Einstein, c'est de reproduire les mêmes comportements et de croire que les résultats seront différents...

COP21: La folie, selon Einstein, c'est de reproduire les mêmes comportements et de croire que les résultats seront différents...

 
C'est par cette citation que j'ai commencé mon intervention cet après-midi lors de la conférence organisée par la Confédération Internationale des Syndicats au Bourget dans le cadre de la COP21. 
 
J'étais censé à la base parler de la façon dont pouvait concrètement s'opérer la "transition juste" vers une économie bas carbone en Belgique, sur base de l'exemple du Métal.
Mais je ne pouvais prendre la parole sur le thème sans émettre des considérations générales sur le fonctionnement de la COP.
 
Parce que lorsqu'on voit la liste des sponsors de la COP21 et lorsqu'on se rend compte de la façon dont les syndicats sont totalement mis de côté dans le cadre des négociations, on peut clairement affirmer que l'on nage en pleine folie selon la définition d'Einstein!
 
Engie, (ex GDF Suez), cette multinationale active dans la production d'énergie qui sponsorise la COP, vient d'annoncer un changement de stratégie: abandonner la production classique d'électricité en Europe, pour se concentrer sur d'autres continents; l'Europe devant dorénavant, selon la direction du groupe, se concentrer sur le renouvelable.
 
Bonne nouvelle me direz-vous. Sauf que les investissements pour aller vers le renouvelable ne sont que des promesses, et que la réorientation de la production classique vers des contrées plus lointaines sent à plein nez la volonté de polluer ... ailleurs. Là où cela est moins contraignant au niveau social et environnemental. Avec les mêmes effets néfastes sur la planète!
 
Quant à la place réservée aux travailleurs dans les négociations de la COP, on pourrait en rire si la situation n'était pas si grave!
 
La demande des syndicats depuis des années est de pouvoir introduire le concept de transition juste dans le texte de l'accord. Un concept qui permet de s'assurer que la transition vers une économie bas carbone se fasse avec les travailleurs, et pas à leur détriment. Dans l'intérêt général... 
 
Or, nous apprenions par la bande ce matin (puisque les syndicats ne participent pas aux négociations) que cette petite phrase, qui devait se retrouver dans l'article 2 de l'accord, pourrait terminer dans des considérations générales dans le préambule, afin de bien diluer sa portée...
 
Le slogan porté par les syndicats à la COP, "No jobs on a dead planet", n'a pas été choisi au hasard. Il signifie que pour les syndicats, cette transition vers une économie durable est essentielle. Mais qu'elle ne pourra pas se faire sans les travailleurs. Et que si l'objectif est réellement de sauver la planète et les générations futures, c'est tous ensemble que nous devrons y travailler!
 
Permettre aux multinationales de continuer à fixer les règles en laissant les travailleurs sur le bord de la route ne nous permettra pas de changer le cours des choses... Si certains veulent encore un accord à Paris qui permette réellement de sortir la planète de l'impasse, il faudra agir inévitablement sur ces deux éléments!
 
Évidemment, après avoir dit cela, vu que je n'avais que 5 minutes de temps de parole, il ne me restait plus vraiment le temps de discuter du concept d'économie circulaire, pourtant important dans le cadre de la transition énergétique... Mais il sera toujours temps d'y revenir si l'accord de la COP21 laisse enfin sa juste place aux travailleurs...


03/12/2015
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