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"Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde" - Combat des afghans, Bruxelles 2.12.13

« Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde » (2.12.13)

Combien de fois n’avons-nous pas entendus cette phrase de la part du gouvernement fédéral ou des représentants de partis lorsque nous défendons la situation des migrants et le droit dont chacun dispose de vivre dans la dignité.

 

On nous l’a répété tellement de fois que l’opinion publique s’en est imprégnée, cette phrase devenant l’alibi quasiment normal pour justifier qu’on expulse et qu’on stigmatise les étrangers…

 

Il me semble important de prendre le temps quelques minutes de réfléchir à cette phrase et de se demander de quoi « ils » parlent quand ils évoquent toute la misère du monde.

 

Congo: descendre dans les mines de Coltan ou mourir

 

Pour cela, on peut réfléchir à la situation au Congo, que nous connaissons bien nous les belges puisque nous avons bien profité des richesses de ce pays pour que certains s’en mettent plein les poches.

 

Aujourd’hui, après avoir pillé les mines d’or, de diamants ou de cuivre, c’est au Coltan que les multinationales s’intéressent.

 

Le Coltan, c’est ce minerai qui se retrouve dans nos smartphones, tablettes numériques, GSM, PC portables, etc. et qui se monnaye à 100$ le kilo sur la marché officiel. Une véritable mine d’or pour quelques multinationales qui réalisent de très gros profits sur le dos des congolais.

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que certaines multinationales n’hésitent pas à payer des « rebelles » pour forcer les populations locales à descendre dans les mines et redevenir des esclaves. Soit ils descendent et ramènent le minerai, soit ils sont tués avec leurs familles.

 

Une des raisons pour laquelle de nombreux congolais sont obligés de fuir leur pays, simplement pour sauver leur peau et celles de leurs familles…

 

Et ce qui est totalement ahurissant, c’est que ce sont les mêmes hommes et femmes politiques, ici, qui laissent faire ou même favorisent ces multinationales qui ont obligé ces congolais à devoir fuir leur pays, qui leurs disent en leur présentant des papiers d’expulsion: « désolé, mais on ne peut pas accueillir toute la misère du monde »…

 

Mais si vous ne voulez pas accueillir la misère du monde comme vous dites, alors arrêtez de créer vous-même cette misère là-bas ! Arrêtez de cautionner et de favoriser ceux qui exploitent et obligent ces personnes à fuir leur pays simplement pour survivre ou faire vivre leurs familles !

 

Niger : partir ou crever de soif

 

Et on peut se pencher également sur la situation des Nigérians si on veut continuer à réfléchir sur qui crée cette misère.

 

Lorsque la multinationale Areva pompe 20 millions de mètres cubes d’eau pour extraire de l’uranium, pour faire des profits faramineux pendant que la population locale crève littéralement de soif, elle force les nigérians à devoir quitter leur pays pour survivre. Et lorsqu’ils se retrouvent dans nos pays, ceux qui ont laissé faire Areva, ceux qui ont donné un permis d’exproprier à ces multinationales, nous sortent leur couplet sur toute la misère du monde…

 

Ne permettez pas de créer la misère en Afrique, et les africains ne chercheront pas à quitter leurs richesses !

 

Afghanistan : un pays en guerre

 

En Afghanistan, ce n’est pas le Coltan ou l’uranium qui motive les capitalistes. Même si le gaz ou le pétrole représentent évidemment des enjeux géopolitiques importants… Toujours est-il qu’en bout de course, quelles que soient les raisons des guerres qui sont menées là-bas, qu’elles soient religieuses ou économiques (avec bien souvent des intérêts communs) elles forcent également des familles à devoir tout quitter pour simplement essayer de survivre.

 

C’est le cas des 450 afghans qui ont abouti dans notre pays et qui se battent depuis des mois pour ne pas devoir retourner se faire tuer dans leur pays.

 

Belgique, pays des droits de l’homme ?

 

Le gouvernement fédéral, sous la houlette de la Secrétaire d’état à l’intégration, Maggie De Block, demeure inflexible quant aux demandes de ces familles de se voir accorder un statut provisoire tant que le situation dans leur pays n’est pas stabilisée.

 

Pourtant, les conventions internationales, de la charte de droits de l’homme à la convention de Genève, interdisent aux Etats signataires (dont la Belgique) de renvoyer des personnes dont l’intégrité physique est menacée dans leurs pays d’origine.

 

Le gouvernement fédéral joue sur les mots, en évoquant des retours volontaires, après avoir refusé de donner un statut temporaire aux familles concernées, attendant simplement que le temps et le découragement fassent leurs effets.

 

Il y a quelques mois, un jeune afghan, Aref, 22 ans, à qui Maggie De Block avait refusé le droit d’asile, a été contraint de retourner dans son pays. Il a été assassiné. Il avait pourtant prévenu le gouvernement belge des risques qu’il encourrait…

 

Le gouvernement belge a du sang sur les mains. Nous devons agir. Il est encore possible d’éviter que cela se reproduise. Si nous ne réagissons pas, si nous n’exigeons pas du Gouvernement fédéral qu’il respecte les droits de l’homme, d’autres femmes, hommes et enfants seront en danger de mort. Mais cette fois nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas…

 

Les demandes de la plateforme pour les afghans sont les suivantes :

 

  • Adopter un positionnement clair, alimenté par l’avis d’experts indépendants et débattu démocratiquement, concernant la situation sécuritaire en Afghanistan, en tenant compte du retrait des troupes internationales en 2014.
  • Mettre en place un moratoire sur toutes les expulsions vers l’Afghanistan, tant que la Belgique n’aura pas défini une position claire et argumentée sur la situation sur place.
  • Aussi longtemps que durera ce moratoire, accorder un titre de séjour aux personnes et familles afghanes qui n’auront pas obtenu une protection, afin qu’elles puissent vivre en sécurité et dans la dignité

 

Jean-François Tamellini

Secrétaire fédéral FGTB

 

 

Signataires de la plateforme :

 

ACAT Belgique-Flandre


ACV-CSC


ACW


Aide aux Personnes Déplacées


Association de Défense des Allocataires Sociaux


Atelier des droits sociaux


Attac-Bruxelles


Attac Vlaanderen


Begijnhofkerk


Bond Zonder Naam


Bruxelles Laïque


Caritas international


CAP Migrants


Cavaria


CAW Archipel


CAW de Terp-PSC vluchtelingenwerk


CAW De Mare


Centre Avec


Centre d’Action Laïque


Centre Social Protestant


CIRE


CNE


Collectif des Afghans


CNAPD


CNCD


CRER


DEI


Elim Steunpunt Vluchtelingen


Equipes Populaires


Fédération des Services Sociaux


FGTB fédérale


Infor Jeunes (Laeken)


KMS/AMOS


JRS – Belgium


Liga voor Mensenrechten


Ligue des Droits de L’Homme


Ligue des Familles


MRAX


Médecins du Monde


Mouvement Ouvrier Chrétien


PICUM


Progress Lawyers Network


Rassemblement Wallon de Lutte contre la Pauvreté


Rencontre Pour la Paix


Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté


Samenlevingsopbouw Brussel


SESO


SOCK


Syndicat des Avocats pour la Démocratie


Syndicat des Locataires


Vie Féminine


Vivre Ensemble


VLOS vzw - Vluchtelingen Ondersteuning Sint-Niklaas


Vluchtelingenwerk Vlaanderen


Vluchtelingenwerkgroep Wetteren

 

 

 



02/12/2013
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