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Coalition climat: s'attaquer aux causes du problème!

Mon discours pour le lancement de la campagne de la coaltion climat...

 

Jobs4climate – coalition climat

 

JF Tamellini – FGTB

27.3.14

 

Des changements climatiques, il y en a eu tout au long de notre histoire. Les ères glacières et les périodes de réchauffement se sont succédées au fil du temps. Mais ce que la science nous démontre depuis plusieurs années et que plus personne ne peut nier aujourd'hui, c'est l'impact et l'accélération considérables que provoque l'homme (le système capitaliste) sur la destruction de notre planète. Provoquant la mort de millions d'êtres humains chaque année.

 

Le rapport de l'OMS présenté lundi à la presse a démontré qu'en 2012, 7 millions de personnes sont mortes à cause de la pollution de l'air. La plupart dans le sud comme Marc l’a dit, et en raison notamment de l'écart qui continue à se creuser entre les riches et les pauvres, avec près de 3 milliards de personnes qui continuent à devoir cuisiner au bois ou au charbon. Et ceux qui ont à manger son encore les plus « chanceux » puisque pour rappel, sur les 70 millions de morts chaque année au niveau mondial, plus de la moitié meurt de faim. Parce que quelques multinationales spéculent sur des matières agricoles qui dépendent également en partie du climat.

 

Autre illustration de la folie du système, l'accélération de la fonte des glaces en Arctique, en raison du réchauffement climatique, que certains considèrent comme une opportunité. Parce qu'elle leur permettra de faciliter l'exploitation des ressources pétrolières et de gaz qui s'y trouvent.

 

Le résultat, c'est qu'aujourd'hui, des millions de personnes sont obligées de se déplacer le long des côtes. En 2050, on comptera plus de 200 millions de réfugiés climatiques! Du pain sur la planche pour madame De Block...

 

Face à cette réalité consternante, les organisations syndicales, aux côtés de dizaines d’autres organisations, ont décidé depuis quelques années de devenir acteurs de la lutte contre ces changements climatiques.

 

Ce combat essentiel nécessite avant tout de s'attaquer à l'origine du problème. Et donc d'imposer des règles à ceux qui placent le profit et l'argent au dessus des intérêts humains.

 

S'attaquer aux causes du problème passe donc notamment par l'imposition de normes contraignantes, pour en finir avec ce dumping social et environnemental mis en œuvre par des multinationales qui utilisent la mondialisation pour produire là où ils peuvent exploiter et polluer le plus.

 

Lorsque l'Europe impose des normes d'émission de CO2 extrêmement poussées pour la construction de moteurs afin de respecter l'environnement, elle va dans le bon sens. Mais lorsqu'elle permet de licencier 1400 travailleurs chez Caterpilar Gosselies, qui produit les excavatrices les moins polluantes du monde, pour autoriser le groupe Caterpilar à ensuite réimporter en Europe des excavatrices produites en Chine ou ailleurs sans contraintes environnementales, l'Europe a tout faux!

 

C'est une des raisons notamment pour lesquelles la FGTB s'oppose au Grand Marché Transatlantique qui se négocie en secret entre les USA et l'UE. Parce que nous ne voulons pas que les normes environnementales et sociales soient encore tirées vers le bas.

 

Nous devons pousser les conditions sociales et environnementales vers le haut, pas l'inverse.

 

Tout en nous attaquant aux origines du problème, nous devons préparer le passage vers une société soucieuse de son environnement en mettant en œuvre ce que nous avons défini comme la transition juste.

 

Comme l'a dit Marc, ce n est pas en opposant les travailleurs à l'environnement que nous parviendrons à changer les choses, mais c'est au contraire en associant les travailleurs à la transition vers une société qui allie social, économie et environnement que nous parviendrons à relever ce défi.

 

C’est pour cela que la transition juste repose sur 5 piliers essentiels:

 

- dialogue social : c’est à travers la négociation avec les interlocuteurs sociaux que pourra se relever le défi de l’emploi tourné vers l’environnement ; sans dialogue social, rien ne sera possible !

- création et maintien de l'emploi : il faut des engagement nationaux et des investissements dans les technologies à faible émission de carbone, en R&D et en innovation pour créer les conditions nécessaires au renforcement de l’emploi

- formation, éducation et compétences tournées vers l'environnement sont indispensables pour préparer aux changements nécessaires

- droits syndicaux et

- protection sociale : se tourner vers des emplois durables doit pousser les conditions sociales vers le haut, et cela passera inévitablement par un renforcement des droits syndicaux et par de nouveaux investissements dans la protection sociale

 

Au delà du concept et des discours, il faut aujourd'hui concrétiser cette transition juste. Et le secteur de la construction en est une illustration limpide. Une manière concrète de relever le défi et de proposer enfin des solutions pour une relance durable:

 

Illustration : secteur du Bâtiments

 

Aujourd’hui, la consommation énergétique des bâtiments représente plus du tiers de la consommation d’énergie primaire de notre pays.

 

Or, nos bâtiments consomment en moyenne 72 % de plus que la moyenne des pays de l’Union européenne, notamment parce que notre parc immobilier est ancien (78% des bâtiments ont plus de 30 ans) et à cause de normes d’isolation thermique inadaptées.

 

Le résultat c’est qu’aujourd’hui, plus de 750.000 ménages, soit 1/7ème des ménages belges vit en situation de précarité énergétique !

 

Un vaste programme de rénovation des logements existants associé à la construction de nouveaux logements sociaux permettrait de renforcer le pouvoir d’achat des citoyens, de réduire les émissions de CO2 et de créer + de 60.000 emplois comme Marc l’a dit. Un triple WIN WIN WIN.

Rien qu’en ce qui concerne les logements sociaux, nous aurons besoin de la construction de + de 10.000 nouveaux logements par an pendant 20 ans pour répondre aux besoins de la population.

 

Conclusions

La coalition Climat dispose de propositions concrètes que nous sommes prêts à discuter avec le gouvernement. Des propositions qui ne sont pas des dépenses, mais bien des investissements!

 

Pour cela il faut aller chercher des moyens à l’Europe et là où ils existent, à travers une autre fiscalité par exemple, et en conditionnant les aides fiscales et parafiscales à la création d’emplois de qualité.

 

Pendant que certains affirment que le contexte actuel ne se prête pas à la mise en œuvre d’actions fortes pour lutter contre les changements climatiques, nous considérons au sein de la coalition climat qu’il est au contraire essentiel de lancer sans attendre un plan de relance ambitieux, soucieux de l’environnement, créateur d’emplois de qualité et sortant des politiques d’austérité qui ne mènent nulle part.

 

J’ajoute encore et je répète au nom de la FGTB que la solution devra inévitablement traiter le problème à la source, en nous permettant de sortir d’un système où le profit dicte ses lois et considère l’être humain et l’environnement comme de simples variables d’ajustement.



27/03/2014
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