Alternative(s)

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Le racisme est social. Le radicalisme aussi... Ne nous trompons pas de combat!



 

Le racisme est social. Le radicalisme aussi... Ne nous trompons pas de combat!

Quand tu viens d'une cité difficile ou d'un milieu défavorisé, sauf à quelques rares exceptions, tu ne rêves pas de devenir syndicaliste ou de faire de la politique pour changer le monde...

Et encore moins de devenir Djihadiste pour exploser les infidèles...

Tu reves évidemment de changer ta condition et de te sortir de là. Mais la voie de sortie, souvent, c'est soit de devenir footballeur professionnel, soit chanteur ou chanteuse via TheVoice, soit de dealer ou de voler des voitures histoire d'améliorer le quotidien...

Le racisme est social. Le radicalisme aussi...

Les gamin(e)s de pauvres, on les parque dans les mêmes cités. Ils sont noirs, bruns, jaunes, blancs. Chrétiens, Musulmans, Juifs, athées... Leur point commun, c'est qu'ils sont pauvres...

Alors au début, ils n'auront que faire d'être pauvres et de ne pas avoir la même couleur ou de ne pas prier (ou souvent faire semblant de prier) le même Dieu. On se retrouve tous en bas de l'immeuble pour jouer au foot ou aller flirter derrière la piscine...

Mais au fil du temps, à force d'allumer la télé, de se faire abreuver par la pub ou de constater les différences avec les gamins de riches qu'on cotoie parfois dans les soirées ou ailleurs, on commence à en vouloir à la terre entière. Parce qu'on finit par comprendre qu'on ne finira pas footeux à Chelsea. Ou parce qu'on se retrouve en tôle pour s'être fait choper à revendre du shit, avec une étiquette indélébile qui réapparaitra chaque fois que vous essayerez de vous en sortir. Pour bien vous rappeler qu'il n'y a pas d'issue pour vous à cette pauvreté...

Le gros du paquet, frustré mais souvent résigné, finira à l'usine, éboueur ou postier... Certains porteront un costard ou un tailleur. Et y en a même un qui réussira à jouer au Standard, devenant l'idole du quartier...

Plusieurs passeront par la case prison. Plusieurs ne souffleront jamais leurs 30 bougies. Et pour ceux qui les dépasseront, nombreux sont ceux dont vous ne reconnaitrez pas le visage, ravagé par l'alcool et la drogue, le jour de l'enterrement de cet ancien du quartier qui a jeté l'éponge en se pendant au grenier...

Mais tous seront marqués à vie par cette différence de statut social qu'on leur aura fait avaler tout au long de leur existence.

Pas parce que le voisin fait sa prière 6 fois par jour, parce qu il mange du poisson le vendredi ou porte la kippah... Mais à cause de cette société qui se nourrit des inégalités et empêche les petits de profiter du gateau pour mieux laisser les gros s'engraisser...

Certains au fond du panier se laisseront embobiner pour soi-disant donner un sens à leurs frustration.

Mais l'origine du problème, la véritable raison qui les poussera à se faire sauter, que ce soit une ceinture à la taille, une bouteille à la main, une seringue dans le bras ou une lame de rasoir sur le poignet, c'est cette pauvreté à laquelle ils ne voient pas d'issue... Parce que certains, aux manettes de ce qu'on appelle le système, auront tout fait pour les boucher ces issues!

Des désespérés, il y en aura toujours. Mais en s'attaquant aux inégalités, en ouvrant les voies de l'éducation et de la culture à ceux qu'on abreuve de télé (pas) réalité - ce nouvel opium du peuple qui ravage les esprits - on redonne des perspectives à ceux qui n'ont que le "no future" face à eux... Et sont tentés de se faire sauter...

Quand tu viens d'une cité difficile ou d'un milieu défavorisé, tu ne sais pas que les services publics et la sécurité sociale sont les meilleurs outils pour te sortir de là. Les meilleurs instruments pour réduire les inégalités et te permettre de changer cet avenir pourri qu'on voulait t'imposer. Tu t'en fous en fait. Tout ça c'est du baratin de politicards qui n'appartiennent pas à ton monde.

Et pourtant, quand tu viens de là, que tu as vécu les mêmes frustrations liées à tes origines sociales, mais que par un concours de circonstance, tu deviens syndicaliste, tu comprends que la meilleure façon de se sortir de là, pour nos enfants, nos parents, nos cousin(e)s qui galèrent pour trouver un emploi qui n'existe pas, c'est de se battre tous ensemble pour que le gateau soit partagé par tous plutot que réservé à quelques uns.

Pas besoin de devenir syndicaliste ou politique pour changer les choses. Juste besoin de comprendre et de décider de se battre ensemble contre ceux qui veulent nous prendre notre dignité...

 



19/02/2015
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