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Combat pour les afghans: combat pour la démocratie face à la montée du fascisme

Je n'avais pas encore eu le temps de le faire mais je tenais absolument à écrire quelques mots de ce que j'ai eu l'occasion d'entendre à la commission de l'intérieur du Parlement federal qui s'est tenue début de semaine sur le thème des expulsions. Le jour où les afghans se sont fait ratonner par la police.

Les propos que j'ai entendus ce jour là m'ont fait froid dans le dos et ouvert un peu plus encore les yeux sur le degré de fascisme qui règne dans notre pays, illustré ici au sein du Parlement fédéral, là où sont élus ceux qui "représentent le peuple"...

Lorsqu'on entend les propos tenus ouvertement par la NVA et le MR, on comprend mieux pourquoi le fameux cordon sanitaire qui isolait autrefois les partis d'extrême droite a disparu.

Alors que les représentants du CIRE et de son équivalent néerlandophone (dont le nom m'échappe), puis le porte paroles de la ligue des droits de l'homme, venaient de clairement démontrer sur base des situations vécues  le caractère inhumain et l'échec des politiques d'intégration soutenues par l'actuel gouvernement, le représentant de la NVA et celle du MR s'en sont donnés à cœur joie pour justifier les actes du gouvernement et même réclamer un nouveau durcissement des mesures en la matière.
 
Le représentant des droits de l'homme s'était pourtant contenté de rappeler que la Belgique, en renvoyant des demandeurs d'asile dans un pays où leur intégrité physique était lourdement compromise (en témoigne dramatiquement le jeune afghan assassiné par les talibans lors de son retour en Afghanistan après avoir essuyé 4 refus d'asile de la part de l'Etat belge) violait les chartes internationales. Il avait dès lors légitimement demandé que le Parlement joue son rôle en exigeant du gouvernement qu'il respecte le droit international.
 
Lors de son intervention, le représentant de la NVA, en tant que parti d'opposition, justifiait la nécessité d'adopter des mesures plus fermes en matière d'immigration en prenant l'exemple d'Anvers: "depuis que Bart De Wever est bourgmestre d'Anvers, il a arrêté 135 trafiquants de drogue et seuls 8 ont été expulsés (sous-entendu que tous les trafiquants sont des migrants); pourquoi le gouvernement n'expulse pas le reste?". Les propos du représentant du parti nationaliste, braqués sur les aspects sécuritaires et sur la stigmatisation du migrant illustraient, au delà des aspects indépendantistes, le caractère de droite extrême incarné par la NVA. 
 
Les propos de Jacqueline Galant confirmaient le positionnement très à droite de la libérale qui se vante d'être bourgmestre d'une commune sans chômeurs ni logements sociaux. La libérale décomplexée saluait la chute des demandeurs d'asile (ignorant les explications des représentants des migrants qui venaient de démontrer que 87% de ceux qui se voyaient refuser le droit d'asile disparaissaient dans la nature, illustrant l'échec des politiques d'intégration), mais réclamait un durcissement des ordres d'expulsion, regrettant qu'elle ne puisse pas en tant que bourgmestre se voir débarrassée plus rapidement des indésirables.
 
Les prémisses ou les confirmations d'une potentielle alliance MR-NVA surfant sur les thèses de l'extrême droite populiste et meurtrière pour la démocratie...
 
La représentante du PS, Julie Fernandez, s'est quant à elle indignée de la situation en faisant référence à l'assassinat d'Aref et en soulignant que personne ne pouvait plus nier que l'Afghanistan soit un pays en guerre vers lequel la Belgique ne peut renvoyer qui que ce soit. La représentante du PS, après avoir également évoqué la nécessité de traiter humainement le cas des migrants malades couverts par l'article 9bis, a terminé son plaidoyer par la demande de solutions individuelles aux statuts des afghans. 
 
Une réponse qui ne nous satisfait pas, mais qui marque un premier pas de la part du PS et qui s'inscrit en tous cas en opposition au soutien inconditionnel du Premier Ministre aux politiques inhumaines de Maggie De Block.
 
À noter que la veille sur Twitter, Yvan Mayeur (PS) s'était exprimé publiquement pour un statut provisoire pour les afghans.
 
Zoé Genot, dans ses interventions, a démontré une fois de plus son engagement et ses convictions profondes dans le combat pour le respect des droits des hommes, des femmes et des enfants, d'où qu'ils viennent. Certains diront qu'il est facile de s'exprimer de la sorte en étant dans l'opposition. Je leur réponds à titre personnel que quand il s'agit de la vie d'être humains, il n'y a pas de stratégie électorale ou de petits calculs d'apothicaires qui comptent. Juste le respect de valeurs et un engagement personnel ou collectif en fonction des valeurs que l'on défend. 
 
Nous devons trouver une solution pour ces familles afghanes qui jouent leur peau. 
 
Nous devons faire respecter les droits de tous ceux qui sont obligés de fuir pour sauver leurs vies et celles de leurs proches. 
 
Mais au delà, nous devons résister à cette vague brune qui déferle sur notre pays et sur l'Europe, redonner un sens à la solidarité sur base de nos valeurs internationalistes et replacer l'intérêt humain au centre du système.
 
Jean-François Tamellini
Secrétaire fédéral 
FGTB/ABVV
 


27/10/2013
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