Alternative(s)

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Le voile ou la cravate?

Sauf erreur de ma part, il n'y a pas de position officielle sur le port du voile au sein de mon organisation. Pas de résolution de Congrès ni d'une autre instance. La religion ne constitue pas vraiment notre core business...
 
Si on se réfère à nos statuts et plus particulièrement à notre déclaration de principes, il est simplement spécifié que nous sommes respectueux des opinions philosophiques de chacun.
 
La FGTB n'en demeure pas moins une organisation laïque, reposant sur une analyse marxiste de la société et inscrite à ce titre dans la lutte des classes. Notre combat est celui d'une classe sociale dont le point commun entre tous les individus qui la composent, indépendamment de toutes leurs différences, réside dans l'exploitation dont ils font l'objet par la classe dominante.
 
Nous sommes donc un syndicat de combat, une organisation qui s occupe de défendre les intérêts des travailleurs, de TOUS les travailleurs, contre ceux qui les exploitent.
 
Pas de référence néanmoins dans nos statuts à l'opium du peuple développée par Marx, même si la grande majorité au sein de la FGTB s'y retrouve probablement. Et bien qu'il conviendrait aujourd'hui de moderniser le nom de la drogue...
 
Toujours est-il que le seul débat qui devrait être tenu selon moi sur ce thème devrait être celui de la laïcité dans les services publics. Certainement pas celui du rejet de telle ou telle catégorie de personnes. L'exclusion est la pire des voies (1). Elle ne sera jamais synonyme de progrès social...
 
Le débat devrait donc porter sur le fait de savoir si faire le choix de travailler dans la fonction publique, financée par l'impôt de la population, doit imposer une neutralité dans l'expression de ses convictions personnelles. 
 
A titre personnel et dans l'absolu, j'en suis convaincu. Mais encore faut-il que le choix de travailler dans la fonction publique soit un choix délibéré évidemment...
 
Dans une situation où l'emploi fait cruellement défaut, peut-on encore raisonnablement parler de choix en termes d'emplois? Et de quels emplois publics parle-t-on? De ces fameux managers publics qui gagnent plus que le Premier Ministre?
 
Des articles 60 ont ils réellement le choix de leur emploi? S'ils refusent l'emploi qu'on leur propose, probablement pas les plus valorisants qui soient (avec tout le respect que je porte à chaque travailleur, quel que soit son emploi), ils seront vraisemblablement exclus du système et n'auront plus droit à rien.
 
Alors je ne prétends pas m'immiscer dans les positions qui seraient adoptées par des instances autonomes, respectant la démocratie et tenu de ne défendre publiquement que des positions décidées par mes structures, mais j'estime que le débat doit être mené. Librement. Sereinement. Sur base des valeurs défendues par notre organisation.
 
Quant au débat sur l'égalité homme-femme, je pense qu'il serait nécessaire d'interroger les intéressées pour savoir si elles estiment que porter le voile (entendu ici le foulard, pas le voile intégral) est un acte de soumission, ou simplement un signe religieux. Je ne suis pas à même de me prononcer sur ce sujet. 
 
Encore une fois, à titre personnel, et bien que laïque et Marxiste convaincu, défenseur de l'égalité homme-femme, j'estime qu'il faut respecter les convictions philosophiques de chacun, tant qu'ils respectent eux-mêmes la liberté des autres.
 
Si j'étais provocateur, je dirais que je considère de mon côté que ceux qui portent une cravate, cette petite laisse qui les serre au niveau du cou, exprime en fait leur soumission au système capitaliste, acceptant ses règles et son accoutrement.
 
Mais je ne me permettrais pas de dire à ces encravatés de ranger leurs laisses chez eux. 
 
Je ne suis de toute façon pas un provocateur, ou si peu, et ne voudrais pas faire de la peine, entre autres, à mon Camarade Mélenchon :-)
 
Je me contenterai donc de continuer à me battre contre ce système qui impose des laisses et juge ceux qui n'en portent pas, et continuerai à essayer de convaincre ceux qui se font exploiter que ce n'est qu'en restant unis contre notre condition d'exploités que nous parviendrons réellement à changer les choses.
 
 
(1) hormis l'exclusion nécessaire et indispensable des fascistes


24/08/2013
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